Nu devant tout le monde (affiche)

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Rentrée 2016: un petit quizz autour du modèle

Ça y est la rentrée est là, et avec elle… la reprise des cours de modèle vivant!
Afin de l’aborder au mieux, nous avons le plaisir de proposer pour ce début d’année scolaire ce document pédagogique, destiné à tous les étudiants en écoles d’Arts Appliqués, MANAA, prépa… ainsi qu’à à  tout autre interlocuteur qui souhaiterait s’en servir, enseignants, équipe pédagogique, élèves ou… simple curieux!
Nous vous souhaitons une belle rentrée!
La coordination des Modèles d’art

Questions autour du modele indice b

 

LE PHOTOGRAPHE ET SON MODÈLE de Joelle Verbrugge

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Le livre de Joëlle Verbrugge aborde avec justesse les difficultés de travail auxquels sont confrontés les modèles qui collaborent avec des artistes.

Ce livre dresse sous forme de quizz (sorte de questions/réponses) des situations vécues par les deux parties et essaie d’y apporter une transparence bilatérale sur les conflits entraînés par un manque de statut pour le modèle.

Joëlle Verbrugge, avocate en matière de droit de la photo, est très engagée dans la défense des modèles. Son double cursus juriste et photographe-auteur nous éclaire sur une double attente juriste-artiste en matière de protection législative abordant les conditions de travail, droit d’image, droit d’auteur, autorisations, droits et refus de chacun…

Dans cet ouvrage il est fait le parallèle entre mannequin et modèle car l’administration regroupe ces deux métiers sous un seul statut alors que c’est précisément la source du blocage. Ces exemples aident à mieux comprendre leurs complexités. Il permet aussi d’anticiper des situations délicates qui se poseront nécessairement en termes d’image, d’autorisation et de refus et d’essayer de proposer des solutions anti-conflits.

Le livre soulève la totale incohérence législative française entre la loi déterminée par le Code du travail et l’administration, cependant elle laisse une porte ouverte à tous députés politiques souhaitant se pencher sur la question pour protéger les modèles français qui font partie de l’identité forte du patrimoine de notre pays.

Le livre aborde des exemples concrets, démontre les complexités administratives qui emprisonnent le modèle dans un manque de protection totale. De nombreux cas de figurent viennent argumenter et enrichir ces 300 pages pour nous plonger au sein du quotidien que tout modèle rencontre dans sa relation à l’artiste. Il permet de comprendre les situations de conflits les plus courantes à l’aide de cas de jurisprudences commentées et décortiquées.

Il soulève les conflits à dénouer pour anticiper des difficultés avec des arguments concrets.
Ce livre a été ma source d’inspiration pour proposer la rédaction de divers contrats, au sein de la coordination des Modèles d’art dont je suis membre, afin de protéger le modèle et de l’aider à avancer en toute légalité dans un métier qui n’a pas réussi à ce jour à le protéger juridiquement. Je recommande à toute personne, modèle en priorité, la lecture de cet ouvrage instructif et bien documenté.

Pascale Nicolas

LE PHOTOGRAPHE ET SON MODÈLE par Joelle Verbrugge, 29bis Editions

État des lieux d’une profession méconnue: le modèle vivant en France en 2014

(NB Cet article a été publié avant le remaniement de notre gouvernement, et nous ne connaissons pas encore les orientations de notre actuel ministre de la Culture, Fleur Pellerin)

A l’heure où notre ministre de la Culture Aurélie Filippetti souhaite soutenir la création artistique et renforcer la place des artistes aussi bien dans le spectacle vivant que dans les arts plastiques, il serait bon que le modèle vivant, collaborateur actif du processus artistique, présent dans l’histoire de l’art depuis plusieurs siècles, trouve enfin une place.

Notre métier est totalement méconnu.  Il est vrai que, dans une société contemporaine qui tend à réguler les cadres professionnels, notre place est floue. Entre «Spectacle vivant» et «Arts plastiques», «Prestation de service» et «Création». Chaque modèle choisit l’espace qui lui convient le mieux en fonction de son parcours et de ses aspirations. Certains font de leur travail une réelle performance artistique; d’autres s’inscrivent dans un processus, au service de la création. Pour certains c’est un job alimentaire; pour d’autres une réelle profession (voire une vocation), choisie aussi pour l’extraordinaire liberté qu’elle propose.

À l’Insee nous sommes répertoriés «Modèle indépendant» dans les Arts du Spectacle, précisément sous le code 90.01.10 «Service d’artiste du spectacle vivant». À Pôle emploi, nous sommes sous le code ROME L1102 «Mannequinat et Poses artistiques» alors que notre profession n’a rien à voir avec les mannequins de mode. Ce n’est pas une différence de degré, mais bien de nature, la distinction essentielle à faire entre le paraître et l’être. Car notre métier est une histoire d’essence. L’essence du vivant.
Du fait de la diversité des structures qui nous font travailler et des statuts incertains qui caractérisent notre profession, nous sommes certainement plus proches de la situation des artistes-plasticiens, également en quête de statut ou des intermittents du spectacle. Nous sommes couramment salariés, parfois travailleurs individuels tiraillés entre la Circulaire DGT de 2012 (qui ne devrait pourtant pas nous concerner en tant que modèles vivant) et la nécessité de pouvoir travailler avec les artistes.
Acteur de l’art, le modèle, même s’il n’est pas forcément artiste, pourrait peut-être avoir une place dans une sous-rubrique de 90.03 «Création artistique» (Service d’artiste des arts plastiques?) et sous un autre code ROME, différencié des mannequins. La réflexion est lancée, notre métier doit être pensé et (ré)organisé en fonction de ses caractéristiques propres.
Certains d’entre nous trouvent l’univers du spectacle vivant plus à propos pour nous distinguer – il est vrai que nous nous «exposons» et évoluons sur une petite scène («sellette»); mais travaillant régulièrement pour les écoles et ateliers de la fonction publique, nous enchainons les contrats de vacations qui ne nous permettent pas d’être comptés parmi les intermittents du spectacle. Nous sommes néanmoins des travailleurs intermittents de la pose et pouvons toucher des indemnités chômage en ayant effectué un certain nombre d’heures. Mais les démarches sont multiples et complexes et récupérer toutes les attestations Pôle emploi et contrats de travail que certains de nos employeurs omettent de nous donner n’est pas une mince affaire!!

Considérer les spécificités de notre métier et définir les statuts de notre branche professionnelle sont aujourd’hui essentiels, afin d’être reconnus et protégés, de manière à ce que soient enfin pris en compte la pénibilité et les risques liés à notre activité (car, ne l’oublions pas, notre corps est tous les jours sollicité dans des situations et postures difficiles) et pour fixer des revenus minimas. Voilà l’essentiel. Il n’est pas la peine ici de rentrer dans tous les détails. Un travail de fond doit être entrepris avec des personnes compétentes en tous ces domaines (ergonomes, juristes, médecins, etc.). Tout est à construire. C’est passionnant, mais aussi très pénible de ne pas être entendus. L’instabilité de notre situation est réelle, et certains employeurs refusent encore de reconnaitre que notre corps de métier en est un.

Heureusement pour nous, les mauvaises conditions de travail n’accompagnent pas toujours notre quotidien, du fait également que nous ayons des employeurs multiples. Nous travaillons tout autant dans des ateliers bienveillants et soucieux de notre bien-être que dans des contextes à parfaire (manque d’hygiène, pas de tapis de sol ou de cabine de change, etc.). Avec ces derniers lieux nous choisissons toujours le dialogue.

Notre profession est pour certains un vrai choix de vie qui s’inscrit dans un espace-temps particulier, en dehors de l’agitation qui caractérise notre monde contemporain, et modèle est une réelle profession pour ceux qui l’ont choisie.
Nous menons actuellement un travail de fond pour  la reconnaissance de notre métier. Et de cela découlera tout le reste…

Pour compléter cet article, vous pouvez également lire:

> Une brève histoire du modèle professionnel en France

> Règles et Usages des ateliers de modèles vivants

Une brève histoire des modèles professionnels en France

Pour que notre profession soit reconnue comme telle, il nous semble important de rappeler qu’elle s’inscrit dans l’histoire d’un « corps de métier » de plusieurs siècles. Voici donc « Une brève histoire des modèles professionnels en France (& Point de vue personnel sur le modèle contemporain) », par Maria Clark.
Paru dans ÉCritique n° 19 « Le nu, la faille, la censure ».


José Ferraz de Almeida Júnior, Studio in Paris (1880).

Il est clair que la Renaissance italienne est essentielle dans l’histoire du nu, dans le regain de l’Antique et pour la place du modèle dans l’histoire de l’art.
En France, c’est la naissance des académies qui a réellement créé notre profession. Notamment à partir de la création de l’Académie royale de peinture et de sculpture au 17e siècle. (siècle pendant lequel est également fondée L’Académie de France à Rome – Villa Médicis). Mais c’est surtout le 19e siècle qui est prospère à notre métier, grâce aux nombreuses académies florissantes à Paris. Les modèles forment alors une classe sociale à part entière. Les modèles italiens immigrés ont d’ailleurs beaucoup de succès à cette époque-là – ils posent individuellement et en famille, et le métier se transmet de père en fils. Ce sont en effet surtout les hommes qui posent.
Au tournant du 20e siècle, et surtout dans les années 1920 à Montparnasse, on voit apparaitre une autre classe de modèles: les modèles non professionnels qui posent plutôt pour des peintres en particulier (et non pour les académies), et dont la vie est souvent mêlée à celle des artistes. Kiki de Montparnasse est l’une de ces figures. Ce sont souvent des femmes, qui posent pour des hommes, qui sont considérées comme des femmes aux meurs légères. Elles ne figurent plus des allégories, mais sont elles-mêmes pour ce qu’elles sont. Pourtant de nombreux modèles professionnels posent encore, notamment à l’académie de la Grande Chaumière (créée 1904), ou à l’académie Jullian (créée en 1857).
Cette tradition de la femme légère qui pose occasionnellement est encrée dans l’imaginaire collectif de notre société, ce qui explique que notre métier est souvent vu comme un petit job de dépannage, féminin de préférence, avec tous les tabous qu’il véhicule. Pourtant il existe encore aujourd’hui des modèles professionnels, féminins et masculins, qui posent couramment entre 25 et 35 heures par semaine, et dont je fais partie. Modèle est bien une profession pour ceux et celles qui l’ont choisie, et il mérite un statut et des égards. D’où le travail que nous effectuons, entre autres, au sein de La coordination des MODÈLES D’ART.

La plupart des modèles actuels ont tout à fait conscience de faire partie d’une tradition historique. Même s’ils n’en connaissent pas tous l’histoire, elle est bien là dans notre contexte et dans celui des personnes qui nous dessinent. Certains modèles ont des répertoires de poses, et s’inspirent d’anciens tableaux ou de sculptures antiques pour leur travail. Je le précise, car (la plupart des gens ne le savent pas), de nos jours, c’est le modèle qui propose couramment ses poses (en collaboration avec l’enseignant et sa pédagogie, bien entendu) – il n’est plus manipulé ou strictement dirigé par le professeur comme c’était le cas dans les siècles passés.
D’autres modèles, comme moi, sont plutôt dans l’improvisation du moment. Bien que stimulée par l’histoire, je revendique un modèle spécifiquement contemporain « actif, auteur et œuvrant » . J’ai tout à fait conscience de m’inscrire dans une tradition, mais je la trouve parfois un peu poussiéreuse et lourde à porter. Ainsi, j’apprécie le changement de cap qui s’effectue avec Rodin, entre autres, qui cherchant le naturel de la pose demande à ses modèles de ne pas être statiques et de bouger.
Le nu au 20e siècle a permis une évolution étonnante, même si à partir des années 1950 le métier disparait peu à peu, mais pas complètement. Nous sommes là!
De nos jours, toutes sortes de poses existent. Des poses académiques, des poses nues ou en costumes, des poses en mouvement, également ce que j’appelle des poses «performatives». Pour ma part j’aime varier les poses, poser une statue grecque, un dessin de Degas, du mouvement, ou bien en utilisant mon propre univers artistique. Beaucoup d’entre nous viennent des univers de la danse, du théâtre ou des arts plastiques. Mais pas uniquement. Nous proposons volontiers pour certains des poses plus personnelles, dans le style qui nous appartient, vers des expériences nouvelles et expérimentations, et certains enseignants font spécifiquement appels à cette part de créativité. Cette énergie-là permet de donner un nouveau souffle à notre profession, de renouveler la place du modèle dans l’histoire de l’art en ce 21e siècle, et de sortir enfin de la désuétude dans lequel il semble avoir sombré quelque peu ces dernières décennies.

Paris, le 29 juillet 2014

Le statut du modèle et le droit à l’image en photographie

Merci aux modèles de diffuser et de répondre au questionnaire ci-joint de  Joëlle Verbrugge, auteur du blog Droit & Photographie, destiné à servir de support à la rédaction d’une publication qu’elle entreprend sur les relations juridiques entre photographes et modèles:

« Il s’agira d’une part d’évoquer la question du statut et de la rémunération des modèles (fixe et/ou proportionnelle aux profits réalisés avec les photos par la suite), mais également la question du droit à l’image des modèles et du droit d’auteur du photographe sur ses photos. Entre les règles légales et leur application pratique, il peut y avoir un écart important, surtout en matière de statuts. Le but de la publication sera donc de coller au plus proche des préoccupations quotidiennes des photographes et de leurs modèles, et de tenter d’apporter des réponses, quand cela est possible, aux interrogations récurrentes. Le questionnaire peut être rempli anonymement.
 Le questionnaire est destiné à la fois aux mannequins intervenant dans le cadre d’agences ou à tout le moins de contrats de travail, et aux « modèles d’art », dont le statut est juridiquement (de plus en plus) inexistant, mais qui constituent une part très importante des sujets photographiés.
Si vous ne posez que pour des peintres, sculpteurs ou artistes d’autres disciplines, votre témoignage m’intéresse également, il est tout à fait transposable aux sujets que je vais aborder. »

À télécharger en cliquant ici > Enquête modeles
et à renvoyer à droitetphotographie@gmail.com

Merci de prendre le temps d’y répondre! Ce travail participe à notre reconnaissance et à l’amélioration de nos conditions de travail. Même s’il s’agit essentiellement du lien au photographe, il permettra d’avoir un point de vue juridique plus global qui concerne donc également notre relation aux artistes d’autres disciplines (peinture, sculpture…).